Chapitre 5 – Toujours sur le métier remettez votre ouvrage ! Extrait du livre dans le livre…

… Un lourd silence s’abattit soudain, la nuit se faisait plus proche, la rivière coulait toujours au loin. La chaleur lourde de la journée faisait place à une sourde fraîcheur. Pierre regardait fixement le sol, les quatre hommes d’arme semblaient figés dans une posture de statue de sel…

La croix de pierre semblait brûler d’un feu surnaturel éclairée de l’ultime rayon d’un soleil rouge qui basculait vers l’horizon déjà presque noir.

– Et mon père, Pierre ? A peine audible, déjà lourde d’angoisse, d’une sourde angoisse, d’un éternel pressentiment.

– Vas-tu répondre misérable ? Un sanglot étranglait la voix du jeune chevalier… Toutes les misères du monde, toutes les souffrances de la guerre, toutes les blessures, toutes les soifs du désert étaient résumées dans cet ultime appel :

– Vas-tu répondre ?

Le gros Pierre tomba à genoux, une larme roula sur ses grosses joues, ses vieilles mains calleuses se tendirent vers son jeune maître. Celui-ci rassemblant ses dernières forces hurla d’une voix de fauve en brandissant son épée :

– Vas-tu répondre ?

Sous la lune qui s’était levée la silhouette des quatre hommes d’arme immobiles entourant un vieil homme à genoux, les bras tendus vers un homme jeune hirsute, le visage déformé par une terrible interrogation offrait un spectacle hallucinant, la lune éclairait d’un éclat maléfique la lame d’acier de l’épée de Gontran qui avait pourfendu le mécréant, brisé des cimeterres, massacré l’infidèle.

– Vas-tu répondre ou je te brise le crâne ?

Alors sous la vieille croix noire le vieux Pierre se releva regarda son jeune suzerain dans les yeux et d’une voix enrouée par l’émotion laissa tomber ces paroles terribles :

– Ce vieux fumier s’est tiré avec Brigitte Bardot.

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