Trece Timpul – Extrait de chapitre 2 : Ceauşescu şi poporul.
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Parfois, la flânerie dans les magasins réservait des trouvailles inattendues.
Il n’avait jamais été musicien. Enfant, ses parents l’avaient inscrit à la « musique », l’école de musique qui conduisait à la clique du village que dirigeait le père D. Las, il n’avait fréquenté cette école qu’un jour, la suite avait été interrompue par ses interminables crises d’asthme et il n’avait jamais repris les cours…
Il aimait les instruments à cordes et très tôt avait pincé laborieusement celles d’une guitare, un peu comme tout le monde… Jeux interdits sur une corde, Stairway for the Heaven douloureusement (pour les oreilles d’Emma) déchiffré sur une tablature de Rock’n folk… Avec ses premières payes, il s’était offert une gratte électrique, deux même… Ce n’était pas mieux, plus fort peut-être.
Mais lui, il aimait la basse et surtout la contrebasse
La contrebasse est un instrument fascinant… doum, doum, doum… fondation solide sur laquelle se construit et s’installe la musique de l’orchestre.
Une contrebasse c’est gros, c’est monstrueux… c’est encombrant et puis c’est cher.
D’aucuns diront : un violon c’est de la lutherie, une contrebasse c’est de la menuiserie… oui, certes…
Voilà qu’il était tombé en arrêt devant un sacré bon sang d’instrument, aussi haut que lui. C’était au rayon musique du grand magasin d’état UNIREA, où parfois, il tombait sur des opportunités réjouissantes. Il l’avait acquise…
Sous la géniale impulsion du directeur de l’École française qui savait mobiliser ses troupes aussi bien sur le front pédagogique que sur celui de la fête et de la réjouissance, l’équipe des profs avait aménagé une cave dans la grande tradition de Saint Germain des Prés dans les sous-sols du Service culturel de l’ambassade. La joyeuse compagnie avait poussé la plaisanterie jusqu’à monter un orchestre, une sorte de Big Band, dont le répertoire allait des Beatles à Joe Dassin.

Ils attaquaient avec « Apache », enchaînaient avec « Hey Jude » puis s’en allaient « Siffler sur la colline »…
Jojo était au Saxo, Jean-Luc à la guitare, Pépère aux percussions, enfin casseroles et cuillères, et lui à la contrebasse…
Disons qu’il se contentait de produire un son : « doum, doum, doum »… Mais comme on l’affirmerait maintenant : ça le faisait bien !
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